Ce qui suit est très grave. Il y est question de la Cour de Cassation, plus haute juridiction française - hors Droit Administratif et Constitutionnel - en matière civile et pénale.
Vous connaissez la métaphore sur le dentifrice une fois sorti du tube ? Il en va de bien des sujets épineux, voire de barbouzardises, que de bien imprudents quidams avaient tenté de balancer sous un tapis, jusqu'au jour où ? On pense à ce président de la République, dont il s'est avéré qu'il entretenait une famille dite morganatique, le tout aux frais du contribuable. Ce même président a été pris la main dans le sac, lorsque des lanceurs d'alerte ont révélé au grand public l'existence d'une cellule clandestine d'écoutes téléphoniques en plein palais de l'Élysée. En marge de cette affaire, il y a même eu un suicide, celui d'un proche ami du président.
Ainsi va la France, ce pays qui se targue d'être la patrie des Droits de l'Homme, et dont on a découvert qu'il entretenait des liens plus que suspects avec un dictateur rwandais, dont l'assassinat s'est soldé par une campagne de représailles meurtrières envers les Tutsis. Et des décennies durant, cette France si démocratique a installé et entretenu moult dictateurs dans ses anciennes colonies d'Afrique, quasiment au vu et au su de tout le monde. Il fut même question de valises de billets remises à des responsables politiques, à en croire un certain Robert Bourgi, et l'on n'oublie pas les aventures libyennes d'un certain Nicolas S., alors président de la République.
Mais qu'est-ce que la Cour de Cassation vient faire ici ? vous demandez-vous. Il se trouve que cette juridiction est supposée être - à l'instar de toute juridiction qui se respecte - au-dessus de tout soupçon. Et comme nous avons un profond respect pour l'institution judiciaire, nous nous sommes abstenus, jusqu'à présent (en anglais, on dit : "so far"), de "balancer" en place publique la totalité des dossiers à notre disposition. Nous avons néanmoins prévenus (par courriers suivis, voire recommandés A.R.) divers responsables, notamment le garde des Sceaux en exercice : Eric Dupont-Moretti, ainsi que le Conseil Supérieur de la Magistrature. , sans oublier le sieur François Bayrou, premier ministre. En clair, personne n'osera dire : "On n'était pas au courant !". On parie combien que la révélation au grand public de certaine affaire risque de faire l'effet d'une bombe thermonucléaire, voire de plusieurs ?
Car, de quoi avons-nous informé ces responsables ? Du fait que nous étions en mesure de prouver que la Cour de Cassation avait été infiltrée par au moins une officine gouvernementale, moyennant l'astuce consistant à bloquer en amont, au niveau de l'Aide Juridictionnelle, tout dossier visant l'officine en question : on dit la C.N.A.V., pour commencer ?
Les faits : notre collègue, appelons-le Ngarta, a vu un de ses dossiers (recommandé A.R.) égaré par la Poste. Par ailleurs, les échanges par courriels avec l'avocat s'avèrent tout d'un coup bien compliqués, alors qu'ils se déroulaient très bien jusque-là. Ce qui veut dire qu'il va devoir se déplacer vers le cabinet dudit avocat ? Comme notre homme n'est pas tout à fait stupide, il décide d'utiliser une autre de ses adresses électroniques, et là, tout fonctionne ! Étonnant, non ? Le correspondant avait bien fermé son compte aux mails de notre ami. Et pour quelle raison, à votre avis ? Il se trouve que notre collègue tenait absolument à ce que tous les échanges concernant son dossier se passent par écrit, de manière à en conserver une trace, d'où sa volonté à ne jamais avoir le moindre échange verbal qui n'aurait pas été couché sur le papier.
Toujours est-il est que les choses ne se passent pas très bien en appel, le tout malgré des énormités présentes dans le dossier traité en première instance (le défendeur CNAV avait ostensiblement "omis" de transmettre ses conclusions au demandeur, qui s'en est inquiété dans moult courriers au tribunal, le tout bien AVANT l'audience. Et à l'audience ? Une personne déguisée en juge décide de renvoyer l'affaire aux calendes grecques, soit de mars à décembre !) Voilà notre Ngarta déposant un dossier de demande d'aide juridictionnelle devant l'officine ad hoc de la Cour de Cassation. Le dossier est en tous points conforme aux prescriptions ; il n'y manque aucune pièce. Mais voilà que notre collègue reçoit un courrier du secrétaire du Bureau d'Aide Juridictionnelle, qui lui réclame...
Tiens donc !, se dit notre ami ! Le fait est que le courrier en question comportait une précision laissant sous-entendre que le secrataire du Bureau d'Aide Juridictionnelle près la Cour de Cassation disposait d'informations qui ne pouvaient lui avoir été fournies QUE par un tiers !
Vous connaissez ce fameux échange extrait du film Drôle de drame, de Marcel Carné, entre les deux personnages incarnés par Louis Jouvet et Michel Simon ?
Vous avez dit : Bizarre !
Moi, j'ai dit "Bizarre !" ? Comme c'est bizarre !
La suite prochainement, sur cet écran... Où il va falloir bientôt reparler de la parabole du dentifrice sorti du tube !

